samedi 26 janvier 2013

Espionnage chez Casto.

Ci-dessous, un article du journal Sud-Ouest de Gironde concernant un magasin Casto de la région Aquitaine.
Notre section syndicale LAB demande à toutes et à tous de rester vigilant quant à ces agissements car nul doute que si cela s'avère vrai, le magasin de Villenave ne soit pas le seul concerné...
 
 
La CFDT a porté plainte auprès du procureur de la République de Bordeaux, car elle soupçonne le magasin Castorama de Villenave-d'Ornon de s'être livré fin 2011 début 2012, à une opération d'espionnage de ses salariés, assortie de manœuvres troublantes pour tester l'honnêteté de certains d'entre eux.
Apparemment, le syndicat ne manque pas de cartouches. Il est en effet tombé sur les rapports détaillés d'un salarié qui avait été embauché en CDD début décembre 2012. L'homme travaillait en fait pour le compte de l'entreprise provençale Sipic (Société d'investigation et de protection industrielle et commerciale). Il a été affecté successivement à plusieurs secteurs du magasin, où rien ne le distinguait des autres membres du personnel.
Cette mission, dont on a du mal à penser qu'elle n'ait pas été commanditée par Castorama, visait à porter une appréciation sur l'ambiance générale, et le comportement de certains salariés. Elle avait aussi pour but de montrer si les soupçons de vol pesant sur certains d'entre eux étaient justifiés.
« On peut s'arranger »
Si l'on en croit ses rapports rédigés de façon aussi consciencieuse que régulière, l'agent de la Sipic n'y allait pas par quatre chemins. « J'ai effectué de très nombreuses tentatives », relate-t-il, « pour les faire parler, en élaborant différentes stratégies, et en me créant des opportunités pour en savoir un peu plus sur chacun d'eux ».
Pour susciter la connivence de certains salariés, il leur a ainsi fait croire qu'il avait participé à des « magouilles » dans un Leroy-Merlin de la région parisienne. À un autre, il prétendait avoir des travaux de carrelage à faire dans son appartement. « En lui montrant un modèle de carrelage, relate-t-il dans son rapport, je lui dis, il est beau celui-là, je vais avoir besoin de tas de choses, on ne pourrait pas s'arranger tous les deux ? »
Les manœuvres de l'enquêteur de la Sipic n'ont pas donné sur ce point de résultat probant. Aucun des salariés sollicités par ses appels du pied n'est passé à l'acte. Mais, dans son rapport final, où les salariés sont cités nominativement, il laisse planer des soupçons sur certains. L'un « n'a pas voulu me dévoiler son jeu, et je n'ai donc pas pu confirmer les soupçons qui pèsent sur lui ». « Les sous-entendus » d'un autre « lui ont fait comprendre », affirme-t-il, « qu'il sait sortir des produits. Il se planque très facilement, laissant les autres faire le travail à sa place ».
Condamnation antérieure
Pour la CFDT, les informations ainsi collectées de façon nominative sur des personnes parfaitement identifiables tombent sous le coup de l'article 226-18 du Code pénal, qui punit de cinq ans d'emprisonnement et de 300 000 euros d'amende « le fait de collecter des données à caractère personnel par un moyen frauduleux, déloyal ou illicite ».
Nous n'avons pu joindre vendredi après-midi le directeur du magasin, de Villenave-d'Ornon, qui n'était pas en place au moment des faits. Le service de presse national du groupe affirme n'avoir pu contacter aucun des dirigeants susceptibles de répondre à nos questions.
Rappelons qu'il y a quelque temps, le directeur d'un magasin de la même enseigne avait été condamné par le tribunal correctionnel de Grasse pour s'être fait communiquer par un policier complaisant, et lui aussi condamné, le fichier STIC de sept salariés.
Du côté de la Sipic, le patron Jean-Pierre Rabier ne nous a confirmé ni démenti les faits. Il a simplement indiqué que sa petite entreprise pratiquait des « audits internes ». Des « audits internes » qui n'ont peut-être pas fini de faire couler de l'encre.

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