mardi 26 juin 2012

VIIIè congrès de LAB


Article du JPB ici

Dans un contexte bouleversé par les changements politiques et la crise économique, LAB affiche union et stabilité. C’est le principal enseignement à l’issue du VIIIe congrès national du syndicat abertzale, célébré jeudi et vendredi derniers, à Barañain en Navarre.
Une constance symbolisée par l’approbation, à la quasi-unanimité des 500 délégués présents, des propositions portées par la jeune direction du syndicat.
A sa tête, symbole de cette génération, Ainhoa Etxaide a été reconduite – à 88 % des voix – au poste de secrétaire générale, quatre ans après avoir succédé à Rafa Díez lors du VIIe congrès du syndicat les 22 et 23 mai 2008 à Barakaldo en Bizkaia.
“Le travail effectué ces dernières années par la nouvelle direction a été largement approuvé”, s’est félicité Frank Hervé, l’un des délégués du Pays Basque Nord présent à Barañain expliquant que “tout le monde va dans le même sens”.

Construire une alternative
Une unité encouragée par Rafa Díez, ancien secrétaire général du syndicat, aujourd’hui incarcéré à la prison d’El Dueso, dont l’ombre a plané sur l’ensemble du congrès.
Présent à travers un message diffusé aux participants, celui qui a été condamné à six ans et demi de prison le 9 mai 2012, aux côtés d’Arnaldo Otegi notamment, dans le cas “Bateragune”, a loué “la grande cohésion” dont ont fait preuve, entre autres, les membres du syndicat, pour “ouvrir les portes d’une nouvelle phase politique au Pays Basque”.
Pour Rafa Díez, l’unité affichée doit maintenant être mise au service de la “construction d’une force sociale” dans la voie du changement politique et social.
Crise économique et processus de paix au Pays Basque : dans les textes approuvés par le congrès, le syndicat affirme que “ces deux réalités sont totalement liées” et appelle à “renforcer le processus de construction nationale” en évoquant le besoin de créer des alliances “en faveur de la souveraineté et contre l’offensive néolibérale”.
Au-delà de la mobilisation, le syndicat explique que “les conditions sont remplies pour commencer à construire une alternative”.
“A nous de prendre en main notre destin”, résume de son côté Frank Hervé, pour qui “il ne faut rien attendre de Paris et Madrid”.
Une philosophie “dans le même état d’esprit”, rappelle le syndicaliste, que la dernière campagne de LAB au Pays Basque Nord “Bertan erabaki!” (“Décider ici !”).
Appelant à “dépasser les intérêts particuliers pour défendre ceux des travailleurs du Pays Basque”, le syndicat souhaite encourager l’action syndicale commune. “LAB est prêt à prendre des engagements clairs et forts pour construire une alliance”, a annoncé Ainhoa Etxaide en évoquant les rapports avec le syndicat majoritaire ELA.

Le syndicat renforce ses relations internationales

Le syndicat LAB a reçu, à l’occasion de son VIIIe congrès, 35 centrales syndicales provenant des cinq continents.
Divisés en quatre groupes – syndicats considérés comme des “références en Europe”, syndicats de “nations sans Etats”, centrales syndicales “référentes au niveau du syndicalisme de classe mondial” et syndicats “faisant partie de processus révolutionnaires consolidés” –, les syndicats ont apporté leur soutien à l’occasion du congrès, l’action du syndicat abertzale.
Au nom de la Fédération syndicale mondiale (FSM), organisation qui “représente 82 millions de travailleurs dans le monde” et à laquelle LAB participe, Valentín Pacho a dénoncé la “répression dont est victime le syndicat LAB”. “L’incarcération dont est victime Rafa Díez démasque l’Europe et montre que les droits de l’homme ne sont pas respectés”, a expliqué le syndicaliste qui a plaidé en faveur de sa libération immédiate.
“La prison est pour les banquiers, pas pour les syndicalistes”, a indiqué Valentín Pacho en évoquant “la répression qui touche les syndicalistes et les défenseurs des droits de l’homme au niveau mondial”.

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